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NIEPPE BLEU MARINE

NIEPPE BLEU MARINE

NIEPPE BLEU MARINE

1962 (l'Algérie) l'émotion de l' écrivain auvergnat ALEXANDRE VIALATTE.

L’homme a vu une armée, hérissée d’armements, abandonner un pays qui est le sien en y laissant ses prisonniers, sans faire un pas pour aller les chercher ou exécuter leurs bourreaux, et tuer des gens parce qu’ils voulaient rester Français tandis que d’autres Français criaient « assomme ». Il a vu sa Constitution se trouver factieuse aux yeux de celui qui l’avait écrite et dont la charge est de la faire respecter .Il s’est entendu expliquer par des journalistes profonds qui admiraient beaucoup la chose, que c’était là le fin du fin du politique. Ne l’ayant pas cru, il n’a plus rien compris. Il a dû constater de ses yeux que le crime de guerre et le crime de droit commun pouvaient fonder le droit d’un gang contre la France .Il a vu les journaux étouffer le cri d’angoisse des amis qu’elle abandonnait et réclamer une liberté de la presse dont la presse ne veut pas se servir ;des écoliers mis en prison, parce qu’ils avaient des opinions conformes à la Constitution :des adultes enseigner à des enfants de douze ans la délation qui jusqu’alors avait toujours été pour eux le crime le plus sale. Il a entendu les Français parler de la France comme d’un pays plus loin que la lune ou comme d’une nation détestée. Il a vu Caïn tuer Abel. ……….

…il est en France, dans la prison pour les coupables innocents qui n’avaient existé que dans l’Allemagne hitlérienne. Il est aussi en Algérie à plus d’un million d’exemplaires. Il va avoir pour maitre le gang qui a égorgé sa femme et ses enfants. On lui a expliqué pour le consoler que le monde est aux fenêtres et n’entend pas ses cris. S’il n’est pas sage on lui sciera le cou. S’il est docile, il aura le droit d’être jugé, quand l’occasion s’en présentera, par l’homme qui aura violé sa fille, brulé ses blés et empalé sa mère .Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

Textes d’Alexandre VIALATTE chronique promenade littéraire numéros 2 et3, du SPECTACLE DU MONDE mai, juin 1962

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